Echarpe maison vs. écharpe de marque 

La réputation des grandes marques et la crédibilité (ou pas ...) de l'argumentaire commercial.

Ça m'étonnera toujours : un produit dit "maison" attirera généralement la sympathie (une mousse au chocolat "maison" d'un restaurant, par exemple), mais dès qu'il s'agit d'écharpes de portage la suspiscion s'installe. La vérité pure et simple est que toutes les grandes marques dont nous consommons régulièrement les produits ont commencé petit (même Didymos).

Après, tout est affaire de marketing. Je ne discuterai pas de l'ourlet qui est un élément important : si la couture lâche et que le tissu s'effiloche ou se déchire, il y a danger comme vous pouvez l'imaginer. D'où la nécessité de disposer d'un matériel de qualité, de savoir s'en servir et l'entretenir. La vraie différence est probablement là, dans ce qui semble être un détail à première vue.
Maintenant, portons un regard critique sur les autres arguments :

Il faut un tissu vraiment spécifique
Sachant que 75% des enfants du monde sont aujourd'hui encore portés dans des tissus courants, que le portage est né avec l'humanité (depuis l'époque où le petit s'agrippe à la fourrure de sa mère, le réflexe de grasping en étant un vestige), et que tous ces enfants du monde et de tous les temps ne semblent pas en être ou en avoir été mal, l'assertion tient moins bien. Ensuite, en matière de résistance au poids et à la traction, ce n'est pas bien difficile : le coton et le lin comptant parmi les fibres les plus résistantes, le choix est vite fait.

Le tissage dit croisé est mieux
Je subodore qu'à l'époque des premières écharpes, dans les années 70, on n'avait sous la main que du coton bien épais et pas trop le choix du tissage si l'on voulait obtenir une écharpe facile à manier. De nos jours, on sait produire des tissus tout aussi résistants et moins encombrants, rendant caduque l'absolue nécessité du tissage croisé. C'est une simple supposition.
Toujours est-il que d'expérience, ça dépend : j'ai déjà vu et essayé du sergé (c'est le nom technique) vraiment pas adapté car résolument trop serré et trop rigide ou au contraire bien trop élastique, et à côté du tissé droit qui répond exactement au cahier des charges. Le fil employé y est pour beaucoup : s'il a lui-même l'élasticité en adéquation avec sa section, il y a de fortes chances pour que l'étoffe résultante soit parfaite. Schématiquement, un "gros" fil qui produira un tissu plutôt épais (c'est le cas du coton) devra être plus élastique qu'un fil plus fin qui donnera quelque chose de naturellement souple (c'est le cas du lin).

Il faut que ça soit bio, c'est logique
A prix fort tant qu'à faire. Mon avis (perso, et qui n'engage donc que moi) est que pour une famille résolument bio, des sous-vêtements au manteau et du sol au plafond, ça peut se concevoir. Pour le commun des mortels ... faut voir. Les plantes biologiques sont cultivées à des endroits bien précis, il faut bien les acheminer vers les lieux de filature et enfin vers les points de vente. Avec quels moyens d'après vous ?
Et puis, sommes-nous bien certains que l'air que nous respirons tous soit bio, lui ? Voilà qui est matière à débats : on vit déjà dans un monde pollué alors ce n'est pas la peine d'en rajouter, ou bien au contraire mieux vaut une écharpe en tissu classique que pas d'écharpe du tout.

Un produit "maison" ne signifie pas nécessairement "au rabais". Dans une autre catégorie on trouve dans bien des maisons des objet très utiles et de bonne facture que l'on qualifie de bricolage, par opposition sans doute aux produits industriels fabriqués en grandes séries. Ces objets sont-ils pour autant de mauvaise qualité ? Peut-être le terme "artisanat" conviendrait-il mieux, après tout.

Vous avez sûrement des avis, des doutes, des questions, des contre-arguments. Si vous voulez réagir de façon constructive, je vous en prie, le canal est ouvert.

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